4 janv. 2008

Brève : "ce blog devient trop pointu"

Dixit la Duchesse-d'Antin-San... nous en avons parlé : j'ai compris que cela voulait dire trop q et trop communautairement centré. C'est vrai que décembre fut animé d'un certain exhibitionnisme très dèp (verlan de pd pour les novices)... je vais me soigner, parce que je ne voudrais pas que mes lecteurs ne soient là que par voyeurisme ! (la Duchesse-d'Antin-San venant d''ailleurs de reconnaître qu'elle avait l'impression de lire des choses interdites... mais c'était bien l'effet recherché).

Anti-grisaille : Mademoiselle Gagne-Tout

Difficile reprise... grise et humide + personne au taf = yek yek yek... Alors programme anti-grisaille forcené : téléphone, téléphone, téléphone (non Montespan, no comments), et la bande.

Mercredi, on s'est fait le coeur a ses raisons, LIVE : HomeStayerDissy qui porte donc assez mal son nom, et PartyGoerDissy très en forme comme d'hab, recevaient un bucheron canadien : accent et vocab inclus + humour local ! Rencard thru Montespan, grand Chambellan des loisirs plus ou moins licites, à l'OpenCafé... oserais-je avouer que c'est mon premier bar de la rue des Archives depuis si, si, si longtemps qu'Alzheimer me fait perdre la trace d'une autre aventure dans cette rue si étonnante (où je fais butch, si si) ? Finalement cet endroit dégage une bonne atmosphère, fréquentation sympa au moins à l'oeil (mais pas eu le temps de parler, on a filé dîner) - donc dîner au Trésor : là, c'est la cata côté bouffe, on veut bien être tolérant, mais franchement ya volonté de nuire à rater ainsi le Tajine-Poulet ? Seulement ça se rachète par le service adorable (bien notée la leçon sur la fossette à base de piercing) et la fréquentation : fraiche et agréablement normale !

Les moins-de-trentenaires se rendent-ils compte du bonheur qu'ils ont d'avoir à portée de main des endroits friendly où ils peuvent croiser autre chose que le cast de Village People, notamment des gens comme moi ?! Et puis la libération c'est aussi le look : depuis quand on peut s'habiller comme un appel au viol tout en étant raisonnablement à la mode - merci Hedi : ces jeans taille basse et ces trench cintrés... Y'a 10 ans, le look le plus putassier acceptable, c'était un sac 501 et un lambswool flottant ??!!! (au fait ça se fait toujours en Espagne, sidérant - accessoirement aussi dans le 2ème mais je ne citerai pas de nom, pas tout de suite).

Hier soir, pour se prouver qu'on peut faire intello rive gauche sans se prendre la tête, un Cukor au Champo... oui mais du gratiné : Pat & Mike - Mademoiselle Gagne-tout, dont le titre dit tout l'indigence du scénario, mais on rit, c'est frais, c'est navrant, c'est gentil, c'est pas long et franchement Katharine Hepburn, déjà plus si gironde, jouant au tennis avec une raquette même pas à la norme pour jouer au ping-pong dans les goulags chinois, c'est beaucoup de bonheur.

Ceci ne restera pas comme mon meilleur post, mais bon.

3 janv. 2008

Les illustrateurs résistent au virtuel

Un membre éminent de ma famille, illustrateur, fan d'illustration, marié à une prodige de l'illustration, oncle d'un futur artiste graphiste (in my dreams), bref un beauf (gnarf gnarf) a imaginé un projet, totalement ringard si on y pense à l'ère du virtuel et du tronique (merde, merde, mon beauf va lire ça), de carnet de dessins (maison Sennequier svp) qui voyage à travers le monde pour recueillir 50 contributions des plus grands artistes du domaine. Et c'est dingue de voir que cela marche du tonnerre de Dieu, avec de grands noms qui s'amusent avec le concept et le malheureux carnet qui DHLise à mort.

J'aime bien la façon dont ces deux là, à droite, se sont mis en scène dans la transmission du cahier... mais le mieux c'est que comme "ces gens-là" ne pensent pas qu'au fric, ils mettent en ligne leurs oeuvres... un raccourci de ce dont le monde est fait se trouve donc à porter de clic - enjoy Sketchtravel ! Le cahier, une fois bouclé, sera vendu aux enchères au bénéfice d'associations caritatives.

En 2008 on assumera la Mauvaise Vie

Mis à profit le break de fin d'année pour lire la Mauvaise Vie de Frédéric Mitterand.

C'est bien écrit (moins lyrique que ses portraits de stars, mais très fluide, élégant, grammaticalement juste et intelligent), mais Grand Dieu, que l'on mesure le chemin parcouru en peu de temps par notre communauté dans la conquête de son existence, en découvrant les affres de la culpabilité permanente de FM (le neveu - on aurait aimé que le sens du scrupule fût familial) !

Non, ce n'est pas une mauvaise vie, c'est une vie, pas plus disgracieuse ou immorale que d'autres, quelque soit l'orientation sexuelle ou la structure familiale, juste un peu confite dans toutes les turpitudes que l'âme humaine sait inventer (et nous sommes tous féconds). Ce qui est dommage c'est la non-assumation, qui ressort de cette recherche perpétuelle d'excuses (ma nounou par ci, etc par là), encore que, et c'est là le paradoxe du livre, il a dû en falloir du courage pour écrire les échecs et décrire les scènes pathétiques... c'est là le charme de cette lecture : ça coule tout seul, sans mise en perspective complexe, mais quand on cherche une réflexion d'ensemble, on n'arrête pas de s'interroger. Et notamment sur le sentiment d'impuissance face au monde de quelqu'un qui réalise de belles choses par ailleurs.
L'extrait choc : "Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu’il ne doit plus se mentir à lui-même pour tenter d’obtenir que la vie qui lui reste ne soit pas aussi mauvaise. Mais il ne sait pas ce qu’il résultera de cet effort".
Le bon ton : la description du voyage en Grèce avec la déception amoureuse triviale et l'errance qui s'en suit.

Je préfère le FM et ses billets d'humeur dans Libé ou ses portraits raffinés de stars ou autre Hailé Selassié.

Pour mémoire, 26 mai 2007 dans Libé :

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Denis Baupin me surveille

Je me déplace à Paris en scooter, mais si je me prends parfois pour Nanni Moretti, je sens bien que Denis Baupin me surveille. Depuis qu'il a pris la mairie en otage avec son escouade de talibans écolos, ma ville natale accumule les blessures, du boulevard Montparnasse transformé en couloir de Dortmund aux corridors cadenassés de margelles en ciment qui asphyxient le trafic. Je m'étonne du prétendu acquiescement des Parisiens à ces mesures et au déferlement d'initiatives encore plus violentes qu'on nous promet, hormis une excellente tribune publiée dans ce même journal il y a quelques mois et les coups de gueule de Claude Lanzmann. Mais à quoi bon rappeler qu'une vieille cité ne peut se transformer que sagement et que, pour vivre avec son temps, elle n'a surtout pas besoin de devenir un musée pour cyclistes qui brûlent en ricanant les feux rouges et un Luna Park à bobos qui se fichent des personnes âgées désorientées, morigénées, quand elles ne sont pas tout simplement écrasées. Tout de même, le maire de Paris devrait se méfier de ce sentiment d'impuissance lourd de rancune électorale qu'éprouvent ceux qui veulent vivre et travailler dans une ville industrieuse.
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Spain thru the lens (1)

L'Espagne, ce sont notamment ces décors urbains hérités des années 70-80, que nous daterions ici plutôt de deux décennies d'avance et que nous avons bêtement fait disparaître, alors qu'ils sont furieusement revenus à la mode (muchas gracias Pedro A.).

2 janv. 2008

Tout le monde en parle

Evidemment en ce début d'année 2008, on pourrait s'attendre à ce que tout le monde ayant lu Le Monde et The Economist, les débats facent rage sur l'avenir du protocole de Kyoto (on va en crever), sur la possibilité que les américains élise un être humain comme Président (même une femme ou un black), sur la hausse du pétrole et le fait que cela coute aussi cher à l'Afrique (autant que les remises de dettes et dons...)... Que nenni, je viens de lire 3 fois de suite, sur trois beulogues authentiquement intellos, la grande nouvelle : Mario Testino est responsable de la campagne printemps-été 08 de D&G... et il innove : ya des putes et des putes. Bon m'enfin on va pas bouder son plaisir... et on va se ruer sur les slips de bain blancs (parce que le treillis revisité grisaillous et moule-b, bof) !

Marcia, elle danse

Madrid - Quartier des belles-lettres le bien nommé,
vitrine d'un magasin de "chaussures de danses de salon"

Ups and Downs : tourismes andalous

UP

Cordoue - a gardé un charme certain, sans en rajouter, dédale de rues, façades simples et harmonieuses... la Cathédrale au sein de l'ancienne mosquée frappe par son contraste entre l'élévation prétentieusede l'église (les architectes locaux n'avaient pas bénéficier de toute le génie italo-français) et la profusion horizontale de la mosquée (voutes et piliers à foison du lieu arabe)... les incrustations d'architecture contemporaine, comme par hasard y tombent bien... le site de l'office de tourisme en donne une très piètre idée, la ville semble s'être secouée de la niaiserie traditionnelle des lieux touristiques de ce beau pays ;

Champs d'oliviers à perte de vue - sur des collines blanches et souples, sous le soleil... un ermitage au cas où...

Palais arabe de l'Alhambra - d'abord le site of course, évidemment inoui et le palais arabe lui même est un endroit très particulier, atmosphérique, intégralement conçu pour l'oisiveté (ce qui a beaucoup plus à certain) - en revanche, fuir la Generalife, concept sûrement supervisé par un conservateur d'outre-Rhin : rutilant neuf, sans âme, ni crédibilité ;

Hotel Palacio del Bailio - sans faute à Cordoue ;

Carte des vins de l'hotel Bobadilla - pour son Flor de Pingus 2004 (ampleur, longueur et superbe équilibfe cassis-viande blanche)... même si le top espagnol est désormais, comme en Italie, inaccessible ;

Séville - déjà découvert en septembre - génial pour un w/e.


DOWN

Grenade maltraitant ses touristes - pas d'hôtel excellent, organisation touristique absurde, taxis absents, touristes trainant leur valises dans une ville piétonisée mais pas vraiment (chauffards), guicheterie de l'Alhambra puant la bureaucratie socialo-caudillesque ;

Architecture de Grenade - au fond, l'architecture particulière locale est laide, entre montagnarde et méditerranéeenne, avec un côté pouilleux depuis quelques siècles quand même. Les proportions intérieures de la Cathédrale sont affligeantes. Et puis un mur de briques avec des fenêtres mal placées n'a jamais été racheté par un encadrement de porte prétentieux !

Propagande absurde du livret de la Cathédrale de Cordoue - à la gloire d'une forme de catholicisme que l'on croirait digérée, avec un sens de la réécriture de l'histoire affligeant, et une intolérance exprimée.

Orgie

Les andalous ont le bon goût de ne pas être avares de leurs charmes culinaires et suggestifs...

1- on s'en est enfilé des kilomètres de Churros con chocolate ! (les meilleurs by far : à Grenade sur la place Biba-Rambla au coin avec la calle Principe - on mesure sur la photo la légèreté de la chose : le tout est d'allier diamètre, consistance/rigidité, fondant en bouche, etc) ;

2- je n'ai pas été peu fier de ma "queue de taureau à la cordebaise" (en français dans le texte sur la carte du restaurant chic perdu au milieu des champs d'oliviers, et là bas quand on dit perdu...) ;

3- moins connoté, encore que les esprits les plus pervers trouveront à jaser, signalons les versions locales du gazpacho avec son frère blanc à base d'ail et d'amande (suave en bouche), la confiture d'orange (cf. post précédent) et le massepain de Tolède au retour (acheté aux Soeurs de Sainte Rita qui disposent d'un magasin d'un nouveau genre : afin d'éviter tout contact physique avec la clientèle ?, la marchandise est échangée à travers une double fenêtre rotative grillagée, on entr'aperçoit juste la petite dame en noir à un bon mètre... la tradition ça a du bon).

Et un bar-tabac qui ferait réveillon en face de chez vous ?

"Mortez : C’est cela oui... Et un bar-tabac qui ferait réveillon en face de chez vous?
Katia : Je ne fume plus.
M. : Alors monsieur, confiez-vous à nous, nous sommes là pour vous écouter.
K. : Voilà, c’est très simple, je ne sais plus où j’en suis, je ne sais plus qui je
suis, je ne sais même pas si je vous parle en ce moment.
M. : Si, si, monsieur, vous me parlez en ce moment."


Bon faudrait pas en rire, parce que ce bon vieux "Père Noël est une..." est très triste au fond et son scénar en dit beaucoup sur notre société et son humanité, mais en même temps, si on ne peut pas rire de tout, on est fini. Alors j'en ris toujours. Et là nous l'avons mis en scène nous même...

Alors, dans la série authentique avec ForEver, on avait décidé de ne rien programmer pour le 31 qui se passerait indéfinissablement quelque part en Andalousie. Pas de restau sur-tarifé, pas de fête branchée, ou je ne sais pas quoi encore - Noël, ya pas à déroger, alors le 31, à la trappe de l'organisation obligatoire. En fait, on espérait se gaver de tapas dans les nombreux bars idoines de Grenade... que nenni, le local se barricade dès 21.00 !!!

Alors là, on a eu une chance du tonnerre, on a trouvé THE PLACE TO BE : un bar de quartier invraisemblable de foutoir avec dans l'ordre, les néons et la déco de Feliz Navidad (yen a partout même dans les lieux les plus chics, encore une manifestation assourdissante d'un catholicisme pas si conservateur quand il s'agit de consumérisme...), avec donc aussi, la télé musicale qui déversait son jeu débile, mais aussi un agréable fond sonore très tendance, l'ivrogne qui joue à la machine à sous, le tenancier qui tire la gueule, les jeunots qui n'ont rien programmé comme nous, le couple de lesbiennes idem, les étudiantes japonaises itou, les bourgeois qui se saoûlent en couple avant d'aller nowhere, les prolos qui débarquent avec Madame peinte comme un camion pakistanais qu'elle aurait pu être Katia le trav' du "PN-est-une-O"... oui mais cet endroit servait de délicieux bocadillos avec un rouge genre haut de gamme local en bouteille de 1 litre (Air Europa sert le même en business au retour !). Je recommande le Bocadillo con Chorizo al Infierno ! Enfin on a décidé de se rebeller jusqu'au bout en snobant les pétards et en buvant le traditionnel cava (beurk, beurk) dans le salon de l'hôtel (très agréablement décoré, merci) en dégustant la confiture d'orange des Soeurs de Saint Jeronimo achetée l'après-midi même.

2008 sera donc sous le signe de la consommation volontairement maîtrisée et de l'irrespect des codes.