15 sept. 2009

Toi aussi tu seras un Dieu

Non que l'on se rassure : BadBoy n'a pas l'intention de lancer sa secte, même si depuis quelques temps pas mal de disciples se sont présentés (nonobstant le certificat de vertu mariage que BadBoy arbore sur ses tenues, même les plus putassières élégantes).

Il veut juste que les heures qu'il passe à la piscine (3 000 mètres brassés par semaine minimum) s'avèrent plus directement productives d'effets. Alors il va réorienter une partie de ses efforts vers de la musclette gentille, dessinatoire dirons-nous. Il a notamment remarqué que si il brasse en écartant plus les jambes (pas de sarcasmes SVP) il dessine plus ses obliques et ses transverses : il se dit qu'avec un beau bon coach, il devrait pouvoir progresser dans cette direction (© Brad Alphonso by Cyprien Leym) :

Et puis surtout, il a visité un club de sport dans son quartier, le Klay à propos duquel Fif-lagymcestchaudethumide lui fait une retape d'enfer depuis six bons mois. C'est cool et on a envie d'y aller rien que pour y être (même TLC-TNT accro de son temple du corps à lui l'a confessé).

14 sept. 2009

Double honte ce week-end

Non Fif-nemequittepas je ne parlerai pas de ce que tu crois, mais juste de :

1- Hortefeux - comment peut-on être ministre et assumer de dire des choses aussi bêtes en public, et quel public... qui étaient ces abrutis racistes bovins qui donnaient la réplique dans le verbatim que publie le Monde ?! (notons en particulier un très élaboré "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.")

Que Copé qui avait bien du mal à garder une posture intelligente dans cette affaire (il ne s'en est pas mal tiré quand on lit le verbatim) se fende d'une contre-attaque vide "(Internet) un danger pour la démocratie" ce matin sur France 2 démontre le malaise autour de Brice d'Auvergne.

Première honte du week-end...

2- FaceBook - BadBoy est devenu ami avec un garçon très sympa croisé dans une soirée à Ibiza, retrouvé sur la plage, bien parlé, pas con, beau comme un dieu grec, etc... Et BadBoy d'aller voir ses 658 (!) amis... rien que de la bombasse, sauf BadBoy et ses amis communs avec BadBoy [pix décapitée extraite du profil ci-dessous].

Deuxième honte du week-end !

Libère tes vieux chakras pourris

Voici donc résumé en un titre un des grands moments de philosophie du week-end, dicté par la sagesse de Fif-ceplatpaysquiestlemien. BadBoy avait longtemps hésité entre la sérénité de la Chlorophylle et la rentrée parisienne... les rythmes de TLC-TNT l'ont fait opter pour la deuxième solution. Ce fut bien agréable mais presqu'aussi épuisant que deux semaines à Ibiza.

Ça a donc commencé par le concert de la vilaine fermière au Stade de France.
1- le stade est un objet architectural superbe,
2- ça caillait,
3- c'était un peu comme regarder un clip sur un téléphone portable : l'immensité des choses rend la sonorisation impossible, les personnages nanissimes, etc
4- au final, on se dit qu'on y passe un bon moment grâce aux amis et à cette atmosphère quasi religieuse : oui en fait ces stades sont des cathédrales de l'ère post-moderne, c'est un peu vrai depuis les romains, mais encore plus dans le cadre de ces concerts pop contemporains,
5- de là à supporter les minauderies de la vilaine rouquine durant une demi-heure où elle chiale en chantant mal, pour créer un semblant d'intimité avec 75 000 communiants, il y a des limites.

BadBoy remercie TLC-TNT d'avoir ainsi contribué à le ramener au XXIème siècle et ses contingences dont il a tendance à s'évader trop souvent.

Le dîner dans un bar où échouent de nombreuses épaves des Halles pour terminer la semaine aura aussi été riche d'enseignements. BadBoy adore donc la soupe à l'oignon.

Et puis il y aura eu ce samedi où BadBoy a reconnecté avec la branchitude parisienne grâce à un shopping pointu avant de fêter l'anniversaire de HomeStayerdIssy, que nous avons tout de même ensuite réussi à entraîner... aie, aie, aie, au Bataclan pour des Crazyvores égales à elles-même. BadBoy ne se refera pas : il adore le gin-tonight et Big-in-Japan (et autres niaiseries). Ajoutez à cela que Fif-leplatpaysestrenversant ayant lâchement abandonné BadBoy dans une posture fort risquée, ce dernier a dû lutter pour ne pas "fort mal se comporter", enfin c'était pas glorieux non plus.

Heureusement l'homme est fort et il a survécu à tout cela, assurant presque dimanche... enfin si on admet qu'un coma cotonneux égayé par un brunch heureux en tête à tête avec TLC-TNT, un café dans un club de sport, une tchatche téléphonique avec SemioBodGod puis FE et la lecture de l'Officiel Homme (faudrait montrer des vêtements parce que pour les mannequins nus, on a ce qu'il faut) constituent un dimanche honnête.

Et comme l'homme est un sur-homme il a rampé dimanche soir jusqu'au Café Etienne Marcel pour une Sunday Marcel de rentrée à laquelle il s'était juré de passer une tête et où il y avait tant d'amis sympathiques qu'il est resté deux heures à promener son mal de crane et sa haine du JoanCollins-interdit.

Conclusions aléatoires, chakras dépoussiérés : la mode de rentrée n'est pas originale... on peut garder nos oripeaux de l'hiver (déjà)dernier... Le bronzage part assez vite et laisse des rides d'expression marquées... on se cultive en parlant avec ses amis à condition de savoir les sélectionner... L'amour est parfois plus fort que la tentation.

11 sept. 2009

Libertinage à 150 000

BadBoy ne peut pas tout faire... Ce jour il n'aura donc pas blogué plus que ce billet car :

1- le 11 septembre, ça y est il a digéré et surtout :

2- ce soir il sera au Stade de France (une première dans la vie de badBoy, je l'jure à Madame), pour se trémousser sur la Libertine et donner toute sa dimension de catin (c'est fait rien que pour choquer ; famille et amis moins pointus, calmez-vous, c'est une allusion aux paroles de "Libertine").

10 sept. 2009

BadBoy était aussi ce matin chez le coiffeur

...mais cela avait plus de tenue... quoique le réveil matinal avait été rude (comme toujours).
Qui a jamais rêvé d'un slip aussi moche ? [David Nutley est photographié par Sean & Seng].

Du bon usage de la presse

BadBoy s'est bien amusé en prenant langue (sms-ment) avec SRP cet après-midi... et de délirer sur différents sujets peu avouables dans un lieu si peu discret. Bref, au bout d'un moment, SRP attire son attention sur une réflexion majeure sur la copulation entre livre et téléphone portable dans un article du Monde des Livres, que BadBoy va immédiatement chercher dans sa banette (il travaillait tellement qu'il n'avait pas pris le temps de passer voir son assistante et récupérer le grand quotidien du soir, au déjeuner - chercher la logique)... Et là de se jeter sur le Monde des Livres, la porte ouverte... et un collègue de passer une tête, regard inquisiteur "on parle de l'Empereur ?", s'enquit le vil courtisan...

1- "hep Ducon, je lis ce que je veux" (je suis cadre au forfait), et,
2- Le Monde des Livres s'avère colossalement mieux écrit et souvent plus intéressant que le cahier principal qui s'ouvre ce soir par les spéculations sur ce que serait la taxe carbone, sans qu'au final, rien ne soit effectivement arbitré, rien passé devant les Assemblées, etc...

Il faut jouir de la critique assassine sur la fatuité et l'absence de profondeur (ce qui est étonnant, quand on est épais, on devrait être au moins profond ?) du dernier Beigbeder, qui conclut "En quoi il n'a pas tort : la véritable transgression, à laquelle il n'est pas (encore) parvenu, est celle de l'écriture, pas celle du fait divers." (merci Raphaëlle Rérolle). En vérité BadBoy a souvent été plus séduit par l'art de la critique qui l'a amené à lire tel ou livre que par le livre en question : c'est très vrai des livres conseillés par les amis et encore plus les conquêtes voire les maris.

Bon sinon, le Monde signale une chose inouïe : l'Uruguay (combien de bien-pensants qui vont être outrés par la décision du Parlement savent-il seulement si c'est au Sud au Nord, à l'Est ou l'Ouest de l'endroit où il fait bon jouer les VRPs aéronautiques), les députés uruguayens, donc, autorisent l'adoption par les Boyz, c'est dingue?

OK j'ai daubé, mais vive Le Monde, parce que sinon, en alternant entre le Fig et Libé, on finirait par croire que le Rafale est un avion désirable alors que même le Maroc n'en a pas voulu et que Carla c'est la Callas.

Et hop tous à Punta del Este ! [via avenue Montaigne cause que teuf là-bas ce soir avec TLC-TNT et FashVikLawMaker]

9 sept. 2009

Du commercial intelligent

BadBoy oscille entre lassitude et intérêt renouvelé à la lecture de Wallpaper, ce magazine qui n'a pas peu contribué à former son goût dans l'Angleterre des années 90 (qu'on se le dise, lui et TheEx ont l'intégrale des premières années avant que Tyler Brulé, le rédac'chef fondateur, ne vende aux yankees sans goût). La nouvelle couv' avec son système de feuilles rétractables illustre bien cela. C'est nouveau et séduisant mais pour avoir Karl-von-Kanel nous ressortir une photo à oilpé du minou dont il est actuellement entiché, Giacobini, pfffff...

Enfin, ce n'est pas non plus désagréable à regarder (ça a du être bien plus pénible avec Photoshop pour les abdos, quoique le raffinement n'est pas non plus au rendez-vous final !).

Ces gens là ne savent plus recevoir

Enorme déception de BadBoy hier soir qui allait gaiement fêter la rentrée à la Galerie des Galeries, des Galeries Lafayette, qui annonçait une expo David Lynch en complément de son travail sur les vitrines dudit grand magasin. Ces petits pince-fesses sont en général arty à souhait et d'humeur agréable...

Hier soir ce fut horrible avec des vitrines certes sympa mais dont on peut questionner le caractère de vitrine. Pas de travail de merchandising (mise en valeur de l'offre du magasin), juste un espace d'exposition onirique décent (merci à TrabiBoy pour la pix).

Et il y a avait tellement de monde, qu'après avoir dû écouter trois discours insipides ("je nous remercie de nos initiatives brillantes"), lutté pour obtenir une coupette vraiment mal servie (BadBoyPostIt néo-ibiscenco pour le garçon : si t'es pas joli, essaie d'être poli, et accessoirement de magnifier ton geste), nous n'avons pas pu accéder à l'exposition, cause la foule... elle restera un mystère parce que remettre les pieds aux Galeries aux heures des chinos, très peu pour moi.

En revanche ensuite au dîner-dinette, très bonne note pour le style et l'offre de HabemusPapam, sans prétention et réussi, rue Monsigny, le tout supporté par une compagnie excellente entre un sourire ravageur et spirituel et l'historique TrabiBoy.

8 sept. 2009

Tu aimeras toujours

BadBoy est un anti-clérical assez affirmé qui a -a fortiori- beaucoup de mal à être tolérant avec les pratiques orthodoxes... le scénario de "Tu n'aimeras point" (Eyes Wide Open à Cannes) tel que rapporté par les médias donne à peu près cela : "Aaron, joué par Zohar Strauss [BadBoyPostIt remarquable], est un boucher respecté de la communauté orthodoxe de Jérusalem, un "juste", marié et père de quatre enfants. Peu après la mort de son père, il rencontre Ezri - interprété par le célèbre acteur israélien Ran Danker [BadBoyPostIt moins remarquable quoique superbe, plus star'ac mais très convaincant] - un jeune homme échoué à Jérusalem. Ezri veut étudier. Il n'a ni toit, ni famille. Il est beau. On devine qu'il est venu là pour retrouver un homme qu'il a aimé mais qui le rejette. Aaron accepte de l'employer dans sa boucherie et de l'héberger dans la réserve, à l'étage. Petit à petit, les deux hommes s'éprennent l'un de l'autre. Et s'aiment. Malgré la réprobation croissante du quartier." BadBoy avait envie d'en savoir plus... Y aurait-il pardon ? [ah ah ah]

Evidemment cela ne pouvait pas bien finir, la société aux mains de la religion ne peut que broyer ces comportements qui demeurent hors des normes. Déjà dans un Paris consumériste sans religions, ce serait compliqué... BadBoy n'avait pas d'espoir.

Mais le film est superbe, filmé avec une justesse, une économie de mots qui rend compte sans caricaturer des vies d'une communauté orthodoxe (donc ?) totalement dans la reproduction systématique de schémas inculqués. Le budget devait être un peu serré et il a fallu garder au montage des plans pas si parfaitement filmés avec des flous ratés, mais les cadrages, la lumière, les nettetés et les profondeurs de champs, le rythme, tout cela est beau et bon.

Ce film pourrait être déprimant, mais comme nous savons ce qu'est l'obscurantisme, nous savons que la lutte est en cours, donc contentons nous de jouir de sa juste dénonciation et de son élitisme impuissant : les juifs orthodoxes, qui n'ont en principe pas le droit de regarder des films, verront-ils "Tu n'aimeras point" ?

La papauté romaine ne s'en trouvera pas non plus plus impressionnée, mais la réalité plus que l'Art la rattrape par ailleurs : on a les ouailles que l'on peut et les cadres que l'on mérite comme en témoigne les déboires de la droite populiste italienne entraînée par Berlusconi et ceux du dirigeant du journal de l'épiscopat italien.

Pour résumer, Le Monde rapporte que le directeur de ce journal, "Avvenire, qui mène la charge contre les frasques du chef de gouvernement italien, (...) Dino Boffo a démissionné après la divulgation par le quotidien Il Giornale, propriété du frère de Silvio Berlusconi, [BadBoyPostIt : totalement neutre, on croirait le Figaro !!] d'affaires de moeurs le concernant. En réponse aux attaques d'Avvenire, qui épinglait M. Berlusconi et "sa faiblesse déclarée pour les jeunes actrices en fleur", Il Giornale avait traité M. Buffo "d'hypermoraliste" et "d'hypocrite", évoquant une affaire dans laquelle le responsable catholique aurait harcelé l'épouse d'un homme avec lequel il aurait eu une relation homosexuelle." Voilà qui est bon et bien !!

7 sept. 2009

1976 : un grand moment d'expression dans le NouvelObs

le NouvelObs est tombé tellement bas avec le vrai-faux-vrai sms élyséen qu'il faut remonter très loin dans le temps pour lui rendre grace mais grace à un blog dont je ne retrouve plus la trace, j'ai eu le bonheur de tomber sur ce Lundi de Delfeil de Ton, très jouissif, entre le square derrière Notre-Dame et ses parages d'un côté et une pirouette finale cruellement vraie.

Qu'on en juge, le bonheur de la lecture vaut l'effort :

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Triangles Roses

Derrière Notre-Dame de Paris, pas loin de la place des Vosges, il y a le square de l'Archevêché. Tiens, là aussi, naguère, ils voulaient foutre le jardin en l'air pour faire un parking. Tiens, là aussi, ils ont perdu. Derrière le square de l'Archevêché, il y a un autre square. Il s'appelle square de l'Ile de- France, il n'est pas bien grand, il est charmant. Il occupe la pointe de l'île de la Cité. A l'extrémité de cette pointe, on a aménagé une crypte. Cette crypte est le mémorial de la Déportation, construit à la mémoire de tous les déportés dans les camps nazis. Quel Parisien, quel provincial, quel étranger, passant là entre ces deux squares, venant du quai' de la Tournelle et empruntant le pont de l’Evêché, n'a pas été saisi par la beauté de l'endroit ? C'est un de ces endroits magiques, comme même les plus belles villes n'en offrent pas plus de deux ou trois. , Odes, ben allez le voir, l'endroit magique. Des fous furieux sont tout juste en train de finir de le foutre en l'air. Il y avait, peur fer- Mer le square de l'Ile-de-France, des grille à modestes, comme à là plupart des squares Parisiens De ces grilles pas plus hautes que les massifs qu'elles protègent et qu'on finit par ne plus voir. En l'espace de deux jours, ces grilles ont été remplacées par une muraille de barreaux de deux mètres quatre-vingts de haut ! Quand on arrive par le pont de l'Evêché, la perspective si charmante sur les arbres et l'île Saint- Louis est complètement bouchée par ce rempart de barres de fer. Regardez la tête des gens, ils sont ébahis. On est réputé, à Paris, pour ne pas lésiner sur la sécurité de nos squares, mais quand même ! Alors, on se renseigne. On apprend que c'est à la demande de plusieurs associations de déportés que l'ancienne grille a été remplacée par, ce monstre. Alors, on se rappelle. C'était l'année dernière, 25 avril 1975, jour du souvenir des Déportés. Une délégation du G.L.H., Groupe de Libération des Homosexuels s'était pointée, à la cérémonie anniversaire, pour déposer une gerbe au Mémorial qui se trouve dans la crypte. Il faut savoir, en effet, que les nazis ont exterminé des homosexuels par dizaines de mille, pour le simple fait qu'ils étaient homosexuels. Si les juifs portaient l'étoile jaune, les homosexuels, dans les camps, portaient le triangle rose. MM. Mmes les rescapés de la déportation et leurs représentants n'ont pas toléré que des homosexuels voulussent honorer, eux aussi, leurs victimes des nazis. Des gardiens de l'ordre hétérosexuel, sûrement tous hétérosexuels eux-mêmes, et tous totalement hétérosexuels, avaient embarqué les porteurs de gerbe et là délégation. Le 25 avril approche. Il était urgent de construire une muraille antipédés devant le square qui abrite le mémorial des Déportés. Muraille qui n'empêchera jamais de passer le profanateur pronazi muni de son pot de peinture et de son pinceau à faire les croix gammées... Elle est exemplaire, cette histoire de grilles réclamées par d'anciens déportés. Leurs années de catin) n'ont pas suffi à les dégoûter des barreaux. De tous les barreaux. Poursuivis, exterminés parce qu'ils n'étaient pas comme les autres, ils ont trouvé encore moins comme les autres qu'eux : les pédés. Halte aux pédés ! Bon, on s'en fout, on n'est pas pédé. Ce dont on se fout pas, par contre, c'est de cette grille. Faut retirer çà fissa, messieurs mesdames les anciens déportés, et si les pédés viennent encore vous embêter avec le souvenir de leurs morts, transportez donc cette grille à la campagne et enfermez les pédés derrière. Faut être logique, dans la vie.

Batons Noirs
Dans le lundi du 16 février, n° 588 du « Nouvel Obs on vous entretenait de ce juge d'instruction d'Aix-en-Provence qui avait fait part au parquet de son intention de voir plus clair dans une affaire où des policiers de Marseille étaient soupçonnés d'avoir introduit une matraque dans l'anus de deux jeunes garçons pour obtenir d'eux des aveux sans preuves. Le parquet, au lieu de féliciter le juge d'instruction de s'intéresser à son métier, avait demandé à la chambre d'accusation de le dessaisir du dossier. La chambre d'accusation devait rendre son avis le 18 février. Elle l'a rendu plusieurs jours après. Sans doute pour se donner le temps de la réflexion. Elle n'a pas dessaisi le juge d'instruction. Il pourra donc poursuivre ses investigations et, éventuellement, faire déférer devant les assises des officiers de police judiciaire sous l'inculpation de viol de deux jeunes gens, dont un mineur, au moyen de matériel administratif détourné de son usage. Si le procureur veut être sévère, il les traitera de tortionnaires. On ne pense pas qu'il ira jusqu'à les traiter de pédés refoulés. Tortionnaire, ça a ses lettres de noblesse. Pédé, demandez donc aux déportés.

D. D. T.
Lundi 15 mars 1976
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