20 nov. 2007

De la redécouverte du Génie artistique : Carriès

Bien inspirée par FEML&J, visite ce midi de l'exposition consacrée à l'oeuvre de Jean Carriès au Petit Palais : la matière de l'étrange. FEML&J réjoui de la revoir et inquiet de mon incapacité à jouir du beau m'a accompagné. Néanmoins la critique ci-dessous n'a pas été écrite sous la contrainte !

Cela commence avec le bonheur d'aller au Petit Palais, pour la rénovation duquel on ne remerciera jamais trop nos édiles : espace, sérénité et gourmandise des sens. Cela continue avec la constatation d'un travail sérieux et enthousiaste des commissaires de l'exposition, Amélie Simier et Dominique Morel : on imagine les moyens limités et on constate un très beau résultat avec de l'intelligence et de l'audace, sans oublier le didactique (juste un regret pour les anglophones comme souvent oubliés) - merci !

Mais, surtout, il y a la jouissance de découvrir le parcours de Carriès, sculpteur autodidacte, expérimentateur des matières, parti de rien, arrivé très haut dans son art, maîtrisant les commandes bourgeoises sans renier ses tensions créatrices intérieures, les sublimant, s'en jouant dans un jeu de références (orientales, médiévales...) sans fin. On passe sans transition, mais avec bonheur de bustes triomphants aux monstres d'une fantasmagorie personnelle. Si on a réussi à se détacher de forêts de masques grimaçants.

On quitte l'exposition, nostalgique d'une oeuvre entr'aperçue à travers quelques fragments conservés : une porte monumentale installée dans la salle que le Petit Palais du début XXème consacra à Carriès, mais qu'un conservateur mal avisé déclassa et voua à la destruction en 1935... une contribution au débat sur l'aliénabilité des oeuvres d'art du domaine public : je ne sais pas si le privé est moins à même de conserver la mémoire de nos civilisations et nos âmes que le secteur public, mais assurément les décideurs du public n'ont pas le pouvoir de savoir pour les générations suivantes ; dans le doute, enfouissons les oeuvres dans les réserves sans même se poser de questions.

Trêve de mots, il faut lire la revue érudite dans la Tribune de l'Art et courir au Petit Palais, très central par temps de grève (au risque du ridicule, merci aussi au personnel du musée qui n'a pas fait grève pour continuer à nous régaler de ses oeuvres).

Dossier de presse (photos dont l'usage gracieux est autorisé).

3 commentaires:

AdaM a dit…

j'aime bcp le petit ( et le grand ) palais ;o)

GoodMoodBadBoy a dit…

Merci AdaM - ya jeu de mots, cochonceté ou juste amour de l'art ?!

AdaM a dit…

non aucun jeux de mots ( décidement quel image je donne de moi ) lol...juste amour de l'art !
;-)